LES ENSEIGNANTS QUÉBECOIS FACE AUX ÉLÈVES EN DIFFICULTÉ

LES ENSEIGNANTS QUÉBECOIS FACE AUX ÉLÈVES EN DIFFICULTÉ

De nombreuses études révèlent que plus les enseignants se montrent ouverts et positifs concernant l’intégration scolaire des élèves ayant des besoins particuliers, plus cette intégration a de chances de réussir. Les attitudes positives des enseignants sont associées, par exemple, à une diminution des problèmes de comportement en classe et à un changement de la perception des élèves concernant ceux, parmi leurs pairs, qui ont des besoins particuliers. Les attitudes positives adoptées par les enseignants peuvent aussi permettre à ces derniers de concrétiser leurs intentions de différencier leur enseignement et de l’adapter aux besoins diversifiés des élèves, ou d’utiliser les pratiques recommandées en inclusion scolaire. Cela dit, lorsque l’on considère toutes les catégories d’élèves à besoins particuliers, les attitudes des enseignants se révèlent plus négatives par rapport à l’intégration des élèves qui présentent des difficultés comportementales (PDC).

Cette étude vise, d’une part, à dresser un portrait des attitudes adoptées par les enseignants québécois  à l’égard des élèves PDC, et, d’autre part, à cerner les variables qui influencent l’adoption de ces attitudes.

L’instrument employé pour évaluer les attitudes comporte trois composantes : cognitive, affective et comportementale. La composante cognitive renvoie aux connaissances et aux croyances des enseignants concernant les bienfaits de l’intégration des élèves PDC en classe ordinaire. La composante affective se rapporte au sentiment d’aise ou de malaise ressenti par les enseignants face à l’intégration scolaire de ces élèves. Quant à la composante comportementale, elle correspond à la volonté d’agir des enseignants pour favoriser l’intégration de ces élèves.

Dans l’ensemble, en ce qui a trait aux élèves PDC et à leur intégration scolaire, on observe que les attitudes des enseignants québécois apparaissent plutôt neutres ou positives. Ainsi, bien que ces derniers croient plus ou moins que la classe ordinaire peut répondre aux besoins des élèves PDC (attitudes cognitives), ils gardent des attitudes affectives assez positives à ce sujet et demeurent ouverts à adapter leur enseignement aux besoins de ces élèves (attitudes comportementales).

Deux ensembles de variables susceptibles d’influencer les attitudes des enseignants ont été étudiées, soient des variables personnelles et des variables liées au contexte d’enseignement.

  • Variables personnelles

Alors que la variable du genre, soit l’identité sexuée des enseignants québécois, ne semble exercer aucune influence sur leurs attitudes, les années d’expérience joueraient un rôle plus fort en ce qui a trait à l’adoption de telle ou telle attitude, surtout en ce qui concerne les attitudes comportementales. En effet, on observe que plus les enseignants ont de l’expérience, moins ils se montrent ouverts à adapter leur enseignement pour favoriser l’intégration scolaire des élèves PDC. Par ailleurs, on observe aussi que le nombre d’heures de formation consacrées par les enseignants à en apprendre davantage sur la réalité ou les avantages de l’intégration scolaire de ces élèves semble influencer favorablement les attitudes de ces enseignants. Ainsi, on constate que la formation initiale influence positivement les trois dimensions (cognitive, affective, comportementale) des attitudes adoptées par les enseignants, alors que la formation continue semble surtout avoir une incidence positive sur leurs attitudes comportementales.

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