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UN ENSEIGNANT S’EXPRIME SUR LE NIVEAU EN ORTHOGRAPHE AU COLLÈGE

ZUPdeCO vous propose la lecture d’un extrait d’une Étude portant sur la dysorthographie réalisée par Marc-Olivier Sephiha, professeur de Français au Collège, et publiée par le département études et Recherche de SOS éducation.

Cette étude n’est ni un plaidoyer, ni un réquisitoire mais le témoignage d’un professeur qui souhaite, grâce à l’école, que nos enfants apprennent réellement à lire et à écrire. Ses recommandations reposent d’abord sur son relevé d’expériences. Marc-Olivier Sephiha est professeur de français au collège depuis cinq ans. à son arrivée à l’Éducation nationale, il s’attendait à avoir des élèves écrivant en mode texto, maîtrisant mal l’orthographe et la grammaire, mais ce qu’il a découvert est beaucoup plus grave. 95% de ses élèves au collège font des erreurs sur le son des lettres et
aussi difficile soit-il de l’avouer, 30% au moins sont, au sens propre, illettrés. D’où vient le problème ? Que pourrait-on faire de mieux ? Il a choisi de pousser l’enquête un cran plus loin et de demander à ses élèves comment ils ont appris à lire. Dans ses classes, seuls les élèves qui ont pu bénéficier de méthodes alphabétiques s’en sortent.

AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR

Je ne suis pas adhérent de SOS éducation. Bien que je partage avec cette association un même constat concernant la débâcle actuelle de l’école, SOS éducation a aussi ses propres combats
qui ne sont pas les miens. Cependant, au-delà de ces différences, nous partageons, je crois, certaines valeurs et certains principes simples :

  • Nous partageons avant tout la nécessité vitale pour l’école de regarder les choses en face, notamment la souffrance trop largement répandue aujourd’hui chez les élèves, leurs parents et leurs professeurs.
  • Nous partageons, ensuite, cela est lié, la nécessité d’un vrai état des lieux, d’une enquête nationale objective, notamment sur les méthodes d’apprentissage de la lecture. Notre hypothèse est en effet qu’une théorie pédagogique erronée (le constructivisme), des programmes appauvris et déstructurés et des méthodes d’apprentissage inefficaces sont la cause, non pas unique mais fondamentale, de cette souffrance partagée des élèves et des professeurs, plus personne ou presque n’étant en mesure d’apprendre, aux deux sens du verbe : apprendre de quelqu’un et apprendre
    à quelqu’un.
  • Pour cette raison, nous nous rejoignons aussi sur la nécessité, pour les futurs instituteurs, et dans le respect de leur liberté pédagogique essentielle, d’une formation pluraliste qui présente, sans a priori, toutes les méthodes : il nous semble indispensable que, dans chacune de ces futures formations, soit présent au moins un praticien et défenseur de la méthode alphabétique. Que les instituteurs puissent choisir librement, c’est-à-dire en conscience !
  • Nous partageons enfin la nécessité de sortir l’école des schémas politiques inadéquats, qui participent à la fois au désastre et à l’aveuglement devant ce désastre. Comme le dit bien Jean-Pierre Terrail, dans la Querelle des méthodes, « la méthode alphabétique n’est ni de droite ni de gauche, elle est juste efficace ». L’heure est à l’union trans-partisane pour défendre avant tout la liberté d’esprit menacée, et la possibilité pour les professeurs de transmettre les moyens de cette liberté d’esprit aux futurs adultes que sont les élèves.

C’est pourquoi nous en appelons au rassemblement de toutes les associations pro-alphabétiques, rassemblement auquel œuvre notamment le collectif Permis de lire. C’est en raison de ces points d’accord fondamentaux que j’ai accepté cette proposition de publication. Je remercie SOS éducation de m’aider ainsi à donner plus d’écho au travail que j’ai entrepris et qui commence à porter, et portera plus encore, ses fruits, je l’espère, de manière à la fois curative et préventive : curative, en participant, en aval, à remettre sur pied le plus grand nombre d’élèves en difficulté et préventive, en contribuant, en amont et avec d’autres, à alerter les instituteurs des dégâts créés par des méthodes qu’on leur a imposées, nolens volens, depuis trop d’années.

INTRODUCTION

Aux instituteurs et professeurs, à tous les éducateurs de bonne volonté, es malentendus reposant souvent sur des questions de vocabulaire, je tâcherai d’être le plus explicite possible et vous prie, de votre côté, de ne pas vous demander « a-t-on le droit de dire cela ou non ? », mais simplement « cela est-il vrai ou non ? ».

L’exigence de vérité doit être notre seul critère ; aucune idéologie ne doit primer sur l’expérience ; car, de notre diagnostic, au plus près possible du réel, dépend l’avenir de ces élèves que nous désirons tous faire progresser pour qu’ils parviennent au maximum de leurs capacités respectives, de leurs humanités (au pluriel) comme de leur humanité (au singulier). Lorsque j’ai débuté en tant que professeur de français au collège, il y a quatre ans, et comme je n’avais pas été préalablement formé sur ce sujet, j’imaginais que j’aurais à lutter avant tout contre l’écriture phonétique des élèves (le mode texto ou SMS) ; donc me préoccuper essentiellement d’orthographe et du sens – ou de l’absence de sens – grammatical et lexical, révélé par cette écriture. Mais, devant la récurrence d’erreurs ne relevant pas de ces catégories, j’ai découvert peu à peu d’autres difficultés, plus élémentaires encore, sous la partie émergée de l’iceberg orthographique.

Je fus alors tenté de m’exclamer : « si au moins mes élèves écrivaient phonétiquement ! Je n’aurais plus qu’à leur apprendre la grammaire, la conjugaison, l’orthographe, la littérature…» Car j’ai fait le même constat – et dans les mêmes proportions – dans les deux collèges des Hauts-de-Seine tous deux classés ZEP et inclus dans le dispositif de « prévention violence » où j’ai enseigné : près de 95% des élèves font des erreurs sur le son des lettres. Je parle bien de sons, et non d’erreurs d’orthographe grammaticale ou lexicale ! En novembre 2010, j’ai corrigé un test comprenant la plupart des graphèmes du français : sur quatre classes, soit 95 élèves au total, seuls 5 d’entre eux n’ont fait aucune erreur sur les sons du français (je reviendrai plus loin sur les raisons qui expliquent, selon moi, la réussite de ces 5 élèves).

C’est dire, si certains élèves s’en sortent mieux que d’autres, combien ce constat reste relatif : presque tous en fait sont touchés et maîtrisent imparfaitement les savoirs graphophonologiques élémentaires (d’un niveau de fin de cycle 2, c’est-à-dire de CE1). Parmi ces élèves, si l’on ne tient pas compte des difficultés les plus courantes liées à l’ambiguïté de certains graphèmes comme c, g, s, etc., 30 % au bas mot rencontrent des difficultés graves relevant de la « dysorthographie », n’écrivent pas correctement les sons complexes et même certains sons simples du français.

Ignorant quelle lettre ou quel groupe de lettres fait quel son, ces élèves sont au sens propre illettrés… Ils ne connaissent pas le son de tous les graphèmes (lettres ou groupes de lettres) et/ou sont incapables, en entendant certains mots, de les transcrire ne serait-ce que phonétiquement. Par exemple, certains de ces élèves connaissent les lettres C et H, mais hésitent quant au son que fait le graphème CH (ex : « il nachait dans l’eux », pour « il nageait dans l’eau ») ou ignorent la valeur des voyelles nasales (ex : « tu mele a rien » pour « tu mêlais en riant »), etc.

Phénomène analogue au fait de connaître le nom des notes de musique sans pouvoir les chanter ni les entendre intérieurement, encore moins retranscrire une mélodie… Le constat local semble rejoindre ici le cadre national : le 5 mai 2010, l’institut Montaigne a publié en effet une étude montrant que 300 000 élèves sortent du CM2 chaque année avec de graves lacunes en lecture et en écriture. La Cour des comptes, de son côté, dans un rapport du 11 mai 2010, estime désormais à plus de 20 % le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire, à 16 ans, sans savoir lire. Et 55 % de ces élèves sont incapables de comprendre l’histoire de niveau CM2 qui leur est proposée à 18 ans, à l’occasion de la Journée d’appel et de préparation à la défense, sans parler des derniers tests PISA.

Au-delà du caractère ahurissant de ces chiffres, ne peuton penser qu’il s’agit essentiellement d’élèves lourdement dysorthographiques tels que ceux que nous avons détectés ?

Lire la suite de l’étude sur le site de SOS Éducation

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